Fiche Action - Archive 2006-2007

(2006-2007) Envisager une rencontre internationale sur la gestion des grands bassins versants
- Résumé
Les grands bassins versants cristallisent toutes les questions ou presque de la gouvernance, du local au mondial. D'où l'idée de concevoir en 2007, une rencontre multi acteurs concrètisant, autour de ce sujet commun, l'ensemble des réflexions menées sur la gouvernance. La fondation tente de réunir les conditions de faisabilité d'une telle rencontre.
- Synthèse
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Synthèse de l'action
La gouvernance de l'eau, comme l'a montré le cahier de propositions rédigé en 2001 dans le cadre de l'Alliance pour un monde responsable, pluriel et solidaire, pose tous les problèmes de la gouvernance : articulation des échelles de gouvernance ; relation entre les domaines d'activité (santé, industrie, loisir, environnement) ; caractère systémique de l'approche ; partenariat entre acteurs ; relations entre action publique et marché ; dépassement des frontières nationales. Un peu partout dans le monde on cherche donc, notamment par des approches intégrées à l'échelle des bassins versants, à sortir du cloisonnement administratif et politique qui reste la marque dominante de la gouvernance, pour inventer de nouvelles modalités de gestion des eaux et des bassins versants.
L'eau, « don du ciel » et première condition de la vie ne peut être traitée comme un bien ordinaire, ce qui renvoie aussi à la question de l'effectivité des droits économiques et sociaux.
La question de la gestion intégrée de l'eau se pose à toutes les échelles mais les grands fleuves sont l'une des raisons les plus fortes de sortir d'une gestion purement nationale des ressources naturelles pour se mettre à l'échelle, transnationale, de leur bassin versant. La plupart d'entre eux, le Rhin, le Danube, le Niger, le Mekong, pour n'en citer que quelques uns disposent déjà, au moins sur le papier, d'institutions de gestion transnationale.
Une rencontre internationale et multiacteurs sur les grands bassins versants permettra au deuxième semestre de 2007 de tenter d'appliquer les nouveaux principes de gouvernance aux grands bassins versants.
Inscription de l'action dans la stratégie d'ensemble de la FPH
L'eau et le cycle de l'eau sont, à travers les climats, les mers, les fleuves ce qui symbolise le mieux les interactions entre les sociétés et avec la biosphère. D'où l'intérêt que nous portons depuis longtemps à la gouvernance de l'eau, symbolique par ailleurs de la question plus large de la gouvernance des ressources naturelles.
Historique de l'action
Dans le cadre de l'Alliance pour un monde responsable, pluriel et solidaire, nous avons financé au cours des années 90 un chantier collectif de travail sur la gouvernance de l'eau animé par Larbi Bouguerra. Il a produit un cahier de propositions assez largement diffusé.
Mais, en raison même de l'importance du sujet, les initiatives sur le même thème se multiplient, chacune avec ses spécificités (plus ou moins proches des Etats, plus ou moins proches des entreprises, plus ou moins proches de l'altermondialisme) sans grand lien entre elles.
Confiant dans la qualité de la démarche qui a conduit au premier cahier de propositions à partir du recueil de multiples expériences, et dans la cohérence de ces propositions avec notre vision plus générale de la gouvernance, nous avons, avec Larbi Bouguerra, lancé en 2004-2005 l'idée d'Assemblée Mondiale de l'Eau. Cette idée fait son chemin et nous continuons à le soutenir dans le cadre de l'appui à l'émergence d'une gouvernance mondiale légitime démocratique et efficace (TG4). Mais il faut aussi trouver ou provoquer les occasions concrètes de traiter, en vraie grandeur et avec l'ensemble des institutions concernées, les problèmes de gouvernance de l'eau. C'est pourquoi nous avions lancé en 2004 l'idée d'une rencontre sur la gouvernance de l'eau entre Chine, Brésil, Inde et Afrique du Sud. Cette idée ne s'est pas encore concrétisée mais reste d'actualité.
En parallèle, la mission de Richard Pétris de l'Ecole de la Paix en Asie du Sud Est a montré que la gestion du bassin versant du Mekong pouvait être un des points d'appui d'une démarche d'intégration régionale associant Thaïlande, Vietnam, Laos, Cambodge, Chine.
Dans le passé, nous avions déjà été amenés à soutenir un dialogue, à l'initiative de mouvements de femmes, animés par Hasna Boudud, Women for water sharing, entre le Bangladesh et l'Inde, sur la Gange et en 2001 il a été reconnu que cette initiative avait joué un rôle positif sur le traité du Gange.
Nous faisons par ailleurs l'hypothèse, décrite dans une autre autorisation de programme, que la gestion des bassins versants peut être aussi un lien entre sociétés dans d'autres régions du monde et c'est un des fils directeurs de la réflexion que nous allons appuyer sur l'intégration régionale.
- Présentation
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L'action se fera en 2006-2007 en deux phases :
- Première phase, en lien avec les travaux menés sur l'intégration régionale, l'identification des réflexions et expériences menées dans le monde sur la gestion des grands bassins versants. Création d'un certain nombre de dossiers thématiques intégrés dans les sites ressources consacrés l'un à la gestion des ressources naturelles et l'autre à l'intégration régionale ;
- Deuxième phase, comparaison des pratiques actuelles de gestion des bassins versants avec les principes de gouvernance que nous défendons fil des années et avec les apports complémentaires qui se dégageront en 2006-2007, notamment à l'occasion de la rencontre sur le Mekong. A partir de là, nous déciderons de la faisabilité et de la valeur ajoutée potentielle d'une rencontre internationale multiacteurs sur les grands bassins versants et nous rechercherons des appuis institutionnels politiques et financiers susceptibles de rendre cette rencontre possible.




